| Comité Tchétchénie 21ter rue Voltaire 75011 Paris, France - 06.14.02.74.52 |
|||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||
Communiqué de presse Reporters Sans Frontières : nouvelle arrestation de journalistes en Ingouchie (26/01/2008)Russie : plusieurs journalistes détenus illégalement par les forces de police en Ingouchie (Caucase russe)Le 26 janvier 2008, plusieurs journalistes ont été arrêtés par les forces de police en marge d’une manifestation d‘opposants non autorisée, à Nazran, la capitale de la république d’Ingouchie (Russie). Parmi eux, Roman Plioussov et Vladimir Varfolomeev, correspondants de la radio Ekho Moskvy, Danila Galperovitch, correspondant de Radio Free Europe, mais aussi des collaborateurs du bihebdomadaire Novaya Gazeta et de l’agence de presse Ria Novosti. Comme l’a raconté Roman Plioussov, les journalistes ont été interpellés et placés en détention sans aucune explication, alors qu’ils couvraient un rassemblement d’opposants qui réclamaient l’annulation des résultats des élections législatives de décembre 2007, au cours desquelles Russie Unie (pro-Kremlin) avait totalisé 99% des votes. Interrogés par des membres du parquet, ils ont déclaré avoir été présents à des fins professionnelles. Après huit heures de détention, ils ont demandé s’ils se trouvaient en état d’arrestation. Les autorités leur ont répondu que non, mais qu’ils ne pouvaient pas partir pour autant. Peu après vingt heures, les journalistes ont été reconduits par les troupes spéciales du ministère de l’Intérieur, au-delà de la frontière de la république, en Ossétie du Nord. Pendant tout le trajet, chaque journaliste était sous la surveillance d’un homme armé d’un fusil automatique. Deux journalistes n’ont pas été relâchés, Said-Hussein Tsarnaev (Ria Novosti) et Moustafa Kourskiev (Jizn). Ils n’ont été libérés que le 27 janvier au soir et sont accusés d’avoir mis le feu à l’hôtel Serdalo, dont ils photographiaient l’incendie. Moustafa Kourskiev a déclaré avoir été battu par les policiers. La veille, le procureur adjoint d’Ingouchie, Guenali Merjouïev, déclarait sur l’antenne d’Ekho Moskvy que les journalistes n’avaient pas été arrêtés. Selon lui, ils se trouvaient sur les lieux d’une opération antiterroriste et ont été escortés dans les locaux de la police pour un contrôle d’identité. Ce n’est pas l’avis d’Oleg Panfilov, directeur du Centre du journalisme en situation extrême, pour qui l’action des forces de l’ordre en Ingouchie est contraire à la loi. Il a déclaré que « des limites ne peuvent être apportées à l’activité professionnelle des journalistes qu’après l’instauration de l’état d’urgence ou de la loi martiale », et non lors d’une simple opération antiterroriste. Il a ajouté que « même sous l’état d’urgence, ces limitations ne pouvaient porter que sur la diffusion de l’information et non sur les déplacements des professionnels de la presse, à l’égard desquels toute action violente, arrestation ou détention demeurent inacceptable ». En novembre 2007, trois journalistes de la chaîne RenTV, venus couvrir des manifestations de mécontentement populaire à l’égard des autorités locales, avaient été enlevés et passés à tabac en Ingouchie. Cette république russe du Caucase, voisine de la Tchétchénie, est en proie à des troubles. Les enlèvements et agressions de civils par des bandes armées soupçonnées de lien avec les forces de l’ordre se sont multipliés ces dernières années, sans que les autorités soient capables d’y mettre un terme. |
|||||||||||||||||||||||||||
|
Comité Tchétchénie,
21 ter rue Voltaire, 75011 Paris www.comite-tchetchenie.org |
|||||||||||||||||||||||||||